vendredi 14 avril 2017

17/ Anecdotes - Un élan d'Amour de Mike

Un élan d'Amour de Mike.


C'était un dimanche après-midi en hiver. C'était en 1998, et nous venions de commencer nos chambres d'hôtes. Nous avions dîné et nous nous reposions dans le salon. Mike était installé sur le canapé, et moi dans mon fauteuil préféré à côté du poêle au gaz qui diffusait une agréable chaleur.


Nous avions allumé la télé et nous regardions un film "catastrophe": "Aventure du Poseidon" avec notamment Shelley Winters (qui était une des actrices favorites de Mike) ... Le film était déjà bien avancé lorsque Mike est venu s'assoir sur mes genoux. Il me caressait les cheveux et déposa une bise sur le front, chose qu'il faisait fréquemment (et vice versa) ... Puis soudainement il m'avait embrassé sur les lèvres, passionnément, comme ça, sans crier "gare" ... Cela me surpris quelque peu, mais ce n'était pas pour me déplaire, je répondis donc immédiatement à son baiser. Nous sommes restés quelque temps à nous embrasser, lorsque Mike prit la télécommande de la télé et éteignit la Télé. Il me pris alors par la main et il m'avait emmené a l'étage, dans notre chambre. Nous nous sommes couchés dans notre lit et nous avions fait longuement l'amour avec une passion qui n'était pas courante chez mon chéri, lui qui était toujours tellement discret. Je ne m'en suis pas plaint, évidemment, j'en étais heureux et je me suis abandonné a ces caresses et ses avances. Au bout de près de deux heures d'ébats, nous nous sommes endormis, enlacés, tout contre l'un, l'autre ...


Nous nous sommes éveillés quelque temps après, il faisait déjà nuit. Nous sommes encore restés enlacés, savourant ce moment précieux tout en nous caressant tendrement ... Puis nous nous sommes levés, il était déjà près de huit heures. Cinq heures s'étaient écoulés depuis qu'on était montés dans notre chambre ...


Je n'ai jamais su comment le film s'est terminé, mais ces moments précieux que nous venions de vivre valaient bien plus qu'un film. Comme quoi, même après 32 années de vie commune, la passion était toujours présente.

Merci Mike !

jeudi 1 décembre 2016

11/ Dixième Chapitre - Ma vie d'adulte - Le cheminement vers la catasrophe







Dixième Chapitre
MA VIE D'ADULTE -
LE LENT CHEMINEMENT VERS LA CATASTROPHE
 
 
A mon/notre grand soulagement, mon chéri était, heureusement, tiré d'affaire. Un vrai "Miracle". Quel bonheur! Après quelques semaines de convalescence, Mike reprit son travail à l' "American Club". Il avait été convenu que pendant quelque temps il travaillerait depuis notre maison. Son "PC" et quelques documents et dossiers indispensables avaient été transférés chez nous, ainsi que le téléphone du club. Cette situation allait durer jusqu'en 2008.


Nous avions recommencé à faire des projets. Cependant, nous avions décidés d'attendre encore un peu avant de rouvrir le B&B. Après toutes ces émotions, il nous avait semblé que nous avions bien mérité un peu de repos. Nous allions donc ralentir un peu. Nous allions nous offrir un peu de bon temps. Côté amours, les ardeurs revenaient tout doucement, mais nous étions devenus beaucoup plus "sages". Mais nous nous aimions plus que jamais, surtout après ce que nous avions vécu. Nous nous étions rendus compte que la vie est finalement, oh combien, fragile ... Et que nous avions le grand bonheur d'être, toujours, ensemble.
Mike et moi, avions décidé que, si nous étions toujours là, tous les deux, c'est que le Bon Dieu, depuis là-haut, veillait sur nous
 
 






 
(Photo:  Mike faisant des mots croisés durant de courtes vacances a Escalles (Cap Blanc-Nez)
 
 

 
Mike était croyant, tout comme moi, mais à notre façon. Nous n'étions pas très pratiquants, ce qui ne nous empêchait nullement d'entrer dans une église, quand l'envie nous prenait. Tout simplement pour nous y recueillir. Nous n'avons jamais priés ensemble, à haute voix, s'entend. Nous avons toujours prié en silence, chacun de notre côté. La seule prière que qu'on se disait à haute voix, était: "God Bless You" ! (Que Dieu te Bénisse)
Nous n'attachions pas d'importance dans quelle église nous entrions: Catholique, Protestante, Anglicane ... c'était égal. Nous étions des Chrétiens, Mike "Anglican", moi "Catholique", et à ce titre, n'importe quelle l'église faisait l'affaire. Pour nous, c'était toujours "la Maison de Dieu".
 
Cette année là, en 2006, nous sommes allés visiter des amis à Caylus, dans le Sud-Ouest de la France, chez Stewart et Lara, qui possédaient un maison de vacances là-bas. Stewart était le Pasteur de la "Church of Scotland" (presbytérienne) de Bruxelles, St. Andrews, sur la Chaussée de Vleurgat, à l'époque. Nous avions fréquenté sporadiquement cette église.
Ils nous avaient invités a venir passer une semaine de vacances chez eux. Nous y sommes allés par le train, l'Auto-Couchettes" pour Toulouse au départ de Denderleeuw. Nous avions mis notre petite "Punto" sur le train, et nous avions voyagé en "Voiture Lits" dans un compartiment "T2" ... Nous préférions cela à un compartiment "Couchettes", pour six personnes ...  Le voyage fut des plus confortables, le préposé de la "Compagnie de Wagons Lits" était plein d'attentions. Il nous avait servi le café durant la soirée et nous avions parlé un peu. Le lendemain il nous avait réveillé avec du café. Nous étions frais et dispos à notre arrivée à Toulouse. Le petit déjeuner fut servi au buffet de la Gare de la ville Rose... Après avoir mangé, il était temps d'aller débarquer notre "Punto". Ensuite nous prîmes la route our Caylus. Nous avons traversé de superbes paysages. C'est vraiment un beau coin de France. Mike emmagasina le moindre détail. L'accueil chez nos amis était très chaleureuse, ils nous ont fait visiter la région. Rocamadour nous avait laissé une impression inoubliable. C'était superbe. Cette semaine de vacances passa en coup de vent.

 
 

(Photos ci-dessous: Mike qui, adorait la mer, au bord de la Manche, au "Cap Gris-Nez")
  
 
 
 
 
 Ce voyage fut en quelque sorte une seconde "lune de miel". Nous étions plus amoureux que jamais. Tout était de nouveau au "beau fixe". Nous songions à rouvrir le "B&B" au printemps de 2007.  Les examens que Mike devait passer périodiquement, confirmaient la "Rémission Complète" de son "Myélome".

 
Plus tard dans l'année je dus subir une opération au genou gauche. Il fallait m'enlever un ménisque. L'opération, quoique étant une "micro chirurgie", nécessitait quand-même une anesthésie complète. L'opération à duré près d'une heure.
Lorsque je me suis réveillé une heure après l'opération, dans la salle de réanimation, quand j'avais ouvert les yeux la première chose que je vis, c'était le beau sourire de mon Mike chéri. Il était assis près de moi, en tenant la main gauche et il me regardait dans les yeux... Il me posa un baiser sur les lèvres, et me dit qu'il m'aimait et qu'il était heureux que l'opération c'était bien déroulé, sans complications. Il y à toujours un risque avec les anesthésies complètes.
 
Ce fut comme si je voyais un ange, (c'était un ange, MON ange)...
j'étais au "paradis".



La vie nous souriait à nouveau, enfin nous le pensions,
parce que une mauvaise nouvelle allait bientôt à nouveau assombrir nos vies ...
 
 

(Photo: Mike jouant sur son piano ... il avait appris à jouer tout seul. J'aimais l'écouter, il jouait pas mal du tout)
 
 

 
En automne 2006, lors d'un examen de routine, on avait découvert un "nouveau" cancer. Cette fois-ci, il s'agissait d'un cancer du poumon droit. La tumeur c'était rapidement développée, et le "Chirurgien" opta pour l'ablation de 2/3 du poumon. Aussitôt dit, aussitôt fait, car il ne fallait pas traîner, vu la rapidité avec laquelle la tumeur s'était développée. Puis une courte mais "forte" chimio, et Mike fut déclaré en "Rémission"
 
Bien entendu pas question de rouvrir le "B&B" pour l'instant, il ne fallait quand-même pas jouer avec le feu. Mike reprit des forces assez rapidement. Quoique après l'opération et la chimio, la "libido" de Mike en avait pris un sérieux coup. Bien entendu cela ne me dérangeait pas du tout, (à dire vrai, la mienne n'était plus comme elle était, non plus, nous n'avions plus 20 ans) le principal c'était que nous étions toujours ensemble et que nous nous aimions toujours énormément.

C'est cela qui était important, en définitive ! 
 

 

(Photo:   durant nos vacances en Sicile - juin 2008)

 
En juin 2007, nous avions pris de courtes vacances en Provence, pour visiter des amies qui habitaient à "La Gaude" dans le Var.  Ce fut assez fatigant pour Mike, mais cela se passa bien quand-même. Nous avions pris le "TGV" jusqu’à Nice. Ensuite nous avions loué une voiture, une petite "Peugeot". Nous avons passé d'agréables moments avec Pascale et Elodie. Mais nous étions quand-même contents de rentrer chez nous ... "Home, Sweet Home" !


Puis au début de l'hiver on nous annonça que mon Mike avait fait une rechute. Il y avait des "métastases" sur les ganglions, dont une "coincée" sur l'aorte, donc inopérable. On prescrit donc une "Super chimio", une série de 6 séances de deux. Cela eût l'effet escompté. Les tumeurs c'étaient résorbées. Nouvelle rémission. De nouveau, on pouvait respirer !
De nouveau Mike reprit des forces, mais plus lentement qu'au par avant ... Enfin, les problèmes de santé paraissaient à nouveau dans le passé, pensions nous.
 

En juin 2008, nous avions décidé de partir en "voyage organisé" en Sicile avec la Mutuelle. Nous avions toujours rêvé de visiter cette île.  Nous priment l'avion jusqu'à  Catane et on nous installa dans notre Hôtel à Taormina. Ce fut un beau et intéressant voyage, mais très fatigant, surtout pour mon chéri. Il s'agissait d'un "Circuit", ce qui venait à dire, qu'on dormait dans un hôtel différent, chaque nuit. Ce n'avait finalement pas été un choix très judicieux.
Mais Mike ne c'était jamais plaint de la fatigue. Il profitait de tout, les paysages, la nourriture et ... les oranges ! Ce qu'elles étaient bonnes, ces oranges.
Un jour nous avions fait une excursion vers l'Etna. Mike avait même commencé a monter vers le sommet d'un des cratères éteints de l'Etna, mais il y renonça à cause du vent, qu'il disait ! ( je pense plutôt parce qu'il était à court d'haleine, le pauvre).

 
 
 
(Photos ci-dessous :  A gauche Mike dans le théatre Greco-Romain de Taormina et à droite dans le théâtre Grec à Ségeste.  Ce fut le dernier "grand" voyage que nous avions entrepris, nous deux.)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
(Photo à gauche: Mike
bravant le vent tout en en se préparant pour monter au sommet d'un des cratères (éteintes) de l'Etna)
 
 a fin de l'année se passa tranquillement et 2009 s'annonçait bien. Mike allait de nouveau mieux, c'était là le principal. En juin nous sonnes allés passer quelques jours au "Cap Blanc-Nez" en compagnie de Baudoin et Hennou.
Mike avait un petit faible pour cette région de France, et nous y sommes allés à plusieurs reprises. 









 
Les 4 Photos ci-dessous :  Nous sommes heureux - et cela se voit !





















 



















Nous étions descendus en "Chambres d'hôtes", que Baudoin avait réservées. Ce fut une belle et chouette semaine, sans anicroches, si ce n'est que trop courte... Un temps superbe, ce qui ne gâtait rien.  Nos amis, comme toujours, étaient de bonne compagnie. Nous avions d'ailleurs décidé de remettre cela à l'occasion.

 
En septembre, Mike et moi avions décidés d'y retourner, mais cette fois-ci en compagnie de Peggy, David et Penny. Nous avions réservés des chambres dans une ferme, pas loin du "Cap Gris-Nez" à Audinghen, au "Haringzelle"
 
Le séjour se passa bien, mon Mike était dans une forme superbe. ... Jusqu'au jour où il rata une marche de l'escalier du "perron" de la ferme. Le pauvre s'étala de tout son long sur le gravier devant l'entrée. Je crois qu'il à dû se faire très mal, mais comme de par son habitude, Mike ne se plaignit pas. 

 
Par la suite, de retour à Bruxelles, Mike me dit qu'il avait toujours mal dans le dos et dans les côtes (Mes "cottes" comme il disait) On alla voir le Médecin, qui fit faire de radiographies, mais qui ne révélèrent rien de spécial. Le médecin en conclut que s'étaient des contusions qui le faisaient souffrir, et que cela finirait par passer






(Photo: Mike faisant la sieste, avec son chat, "Sweetie Pie", sur la poitrine) C'est la toute dernière photo que j'ai prise de Mike ...
 

 

 
 
 
Cependant, Mike recommençait à donner de plus en plus de signes de fatigue. Il était fréquemment à court d'haleine. Nous approchions de la Noël, et les douleurs dans les côtes étaient toujours là. Aussi nous décidions que nous passerions les fêtes de fin d'année, calmement, à deux, chez nous. Cela nous avait fait beaucoup de bien, de se retrouver calmement chez soi. En février 2010, on fit refaire des tests à l'occasion d'un contrôle de routine. On lui fit aussi un "PET scan" ... nouveau coup de tonnerre. Une nouvelle rechute, d'autres ganglions métastasés
Les "oncologues" décidèrent pour une nouvelle série de "chimiothérapie". Les résultats avaient étés tellement bons la dernière fois. On était fin février, début mars, je ne me rappelle pas très bien ...
 
 
C'était a la même époque que nous avions décidé de faire isoler la façade arrière de la maison, et de faire placer un "bardage" ... L'entrepreneur nous avait fait un devis très raisonnable. Nous avions donc pris la décision de faire faire les travaux après le traitement "chimio".
Puis Mike décida alors, qu'on attendrait pas, et que les travaux devaient commencer sans tarder. (Avait-il eu un pressentiment ?) Aussitôt dit, aussitôt fait. Les travaux prirent quelque 4 à 5 semaines, et s'achevèrent fin mai. Les ouvriers avaient fait du beau travail, l'aspect de notre maison avait complètement changé. Mike fut très satisfait et content. On s'était félicité de ne pas avoir attendu, ainsi le "B&B" pourrait rouvrir plus vite. Nous avions crée un nouveau "site internet" et avions adhéré à un nouveau centre de réservations. De cette façon nous serions prêts, aussitôt que Mike serait rétabli.
 
  
Il faut que je mentionne quand-même, que depuis quelques jours, à plusieurs reprises, au petit déjeuner, Mike qui était toujours assis en face de moi, m'avait saisi la main et regardé dans les yeux, tout en disant:



"We have been very lucky, the two of us.
 
 I love you !"
 

(Nous avons eu beaucoup de chance tous les deux - Je t'aime !)
 
 

 
Cela s'était répété plusieurs jours de suite.
Le fait qu'il me prenait la main, n'était pas nouveau, cela il l'avait toujours fait, mais c'est les paroles qu'il prononça qui étaient nouvelles ... Il me disait très souvent qu'il m'aimait, mais le fait qu'on avait eu de la chance était nouveau. Il me l'a dit aussi le jour de notre départ pour Wissant... (avait il eu un pressentiment ?)



Pour fêter la fin des travaux, Mike avait réservé un petit hôtel à Wissant et il avait invité David et Penny venir nous y rejoindre. Quelques jours avant notre départ, Mike avait eu sa première séance de "chimio", qui avait été très lourde à supporter. Mike était extrêment fatigué, il dormait beaucoup. On se disait que quelques jours à Wissant ou l'air vivifiant de la mer lui ferait le plus grand bien.


Le 7 juin, nous nous mirent en route dans notre petite "Punto" et nous sommes arrivés à l'hôtel vers 14 heures. David et Penny étaient déjà arrivés. Après l'installation dans nos chambres, nous sommes descendus sur la "terrasse", pour aller boire un verre. Mike, décida, qu'il avait toujours eu envie de goûter à la biere locale, la "Pelforth", et il en commanda une. David prit une "Leffe", tandis que Penny et moi, nous avions commandé un eau minérale. Mike commenta, qu'après tout la "Pelforth" n'était pas extraordinaire, du "pipi" de chat.
Il faisait très beau, et nous décidâmes d'aller faire un tour dans Wissant. Mike, quand a lui, se sentant un peu fatigué décida d'aller faire la "sieste".



A notre retour nous avions trouvé Mike, installé sur la terrasse avec son livre et qui nous attendait. On prit l'apéritif, pendant que nous décidions où nous allions aller manger. Mike se rappelait d'un bon restaurant, le "Charlemagne", ou nous avions mangé lors d'un passage précédent à Wissant. Ils avaient un belle "carte" et la cuisine était bonne. Mike, qui avait toujours eu un "petit" appétit avait choisi la "bavette de boeuf à la Flamande" avec des frites. Les autres et moi-même, avions pris une entrée et le plat du jour.
Mike ne mangea pas beaucoup, il n'avait pas d'appétit en se sentit soudainement très fatigué. Nous sommes donc rentrés à l'hôtel et nous nous sommes couchés tôt. La nuit se passa paisiblement. Le lendemain nous étions reposés des fatigues de la veille. Mike m'avait la réflexion, que les douleurs dans ses "cottes" avaient disparues. Il en était tout heureux. Il m'avait dit, "c'est le premier pas vers ma guérison" !.....
 


Nous sommes descendus pour aller prendre le petit déjeuner, qui avait l'air délicieux. C'était un "buffet" avec des céréales, des petits pains et un choix de jambon et de fromages. Mike prit un yaourt, mais il ne le termina pas. Il avait eu subitement des nausées, ce qui était inhabituel pour lui. Mais on n'y attacha pas une grande importance. De toutes façons, cela avait passé assez rapidement. Comme il faisait beau, nous nous sommes installés sur la terrasse une fois le petit déjeuner terminé, afin de décider ce qu'on ferait pour la journée. Nous avions décidé d'aller faire une promenade dans la réserve naturelle toute proche. Mike décida de rester a l'hôtel, sur la terrasse avec son "bouquin". Il ne se sentait pas capable de marcher longtemps, vu ses difficultés respiratoires. Il était toujours très vite à court d'haleine. Je voulus le tenir compagnie, mais il m'avait convaincu d'accompagner son frère et son épouse....



La journée passa à nous promener, David, Penny et moi. Après avoir fait un tour dans la "Réserve Naturelle" nous avions pris un sandwich et un café dans un établissement sur la promenade du bord de mer. Il faisait très beau et chaud. Nous sommes rentrés a l'hôtel vers 15 heures, et nous sommes montés pour nous reposer un peu. Il avait été convenu que pour le dîner ce soir là, on le prendrait a l'hôtel. Mike était couché sur son lit et lisait son livre. Moi, je me suis également couché et j'ai dû m'endormir. Lorsque je me suis réveillé, Mike dormait. Je le réveillai en l'embrassant en lui disant qu'il était temps de descendre, qu'il était déjà 19 heures. Mike me répondit qu'il ne se sentait pas en forme, et qu'il resterait dans la chambre. Il préférait dormir. Je me suis assis sur son lit, je l'embrassa sur le front en lui caressant le visage. Puis je suis descendu. Penny et David étaient déjà assis à table. Je les avais informé de la décision de Mike de rester dans la chambre. On à mangé, la cuisine était acceptable, sans plus. Mike, n'avait rien raté de ce côté là. Nous avions parlé de choses et d'autres, et fait des projets pour le lendemain., puis nous sommes montés pour la nuit.



Mike sommeillait. Quand je suis entré dans la chambre il s'est réveillé et me demanda si on avait bien mangé. Je lui décrivis le menu et on parla de choses et autres. Puis après s'être embrassés et avoir souhaité bonne nuit, sans oublier l'habituel "God Bless You", nous nous sommes endormis.
 
 

 A gauche, Mike examinant une fleur sauvage, il aimait la nature ...



 
Vers trois heures du matin, je me suis réveillé en sursaut. J'avais fait un "Horrible" cauchemar. Je m'en souviendrai pour le restant de ma vie. Dans mon rêve, Mike était attaqué par une "espèce" de monstre affreux et qui avait des griffes acérées. Une espèce de "démon" qui s'acharnait sur Mike. Moi, je me battais "bec et ongle" pour protéger mon Chéri et de l'éloigner de Mike. Le "monstre" donnait de grands coups de griffes et il y avait du sang partout.  Je me suis réveillé en paniquant. La lumière du "côté" de Mike était allumée. Il était dans la salle de bains. Il avait eu un saignement du nez assez important.. Je lui avait demandé s'il était OK, et si je pouvais faire quelque chose pour lui. Il me répondit que le saignement s'était arrêté et qu'il allait revenir se coucher.
Il s'était recouché depuis quelques minutes, quand subitement il fut pris de violentes crampes au ventre. Il n'eût que le temps de sortir du lit et d'aller dans la salle de Bains. Il faisait une forte diarrhée et un nouveau saignement. Il n'eût même pas le temps de s'asseoir sur la cuvette des WC, le pauvre. C'était épouvantable. Je voulus venir à son secours pour l'aider, mais Mike, dont la pudeur était grande, refusa catégoriquement. Il s'était enfermé dans la salle de bains, me laissant dans la chambre. J'étais "mort" d'inquiétude, je voulais tant l'aider, mais il ne voulait rien savoir !  


Quelque temps plus tard, Mike, était revenu se coucher., non sans avoir nettoyé les dégâts dans la salle de bains. Je ne sais pas où il avait encore trouvé la force pour le faire, le pauvre! ... Mike était complètement épuisé ! ... Moi, je ne réalisais pas encore la gravité de la situation. Je pensais que cela passerait après une bonne nuit de sommeil ...



Le lendemain, le 9 juin, Mike ne se sentant pas bien du tout, nous avions pris la décision de rentrer immédiatement à Bruxelles. Nous avions payé pour la chambre, après avoir expliqué ce qui s'était passé durant la nuit. Nous avions présenté nos excuses pour l'état dans lequel se trouvait la chambre et la salle de bains. Après avoir informé David et Penny de la situation, nous sommes partis. David et Penny allaient rester à Wissant jusqu'au lendemain, à cause des réservations qu'ils avaient sur le "Shuttle" et qu'ils ne pouvaient pas changer.



Le voyage de retour fût long. Il y avait des embouteillages autour de Dunkerque, suite à des travaux. Nous sommes finalement arrivés à Bruxelles vers 12 h.30 Arrivés à hauteur de Jette, Mike me signifiait qu'il voulait que je le dépose aux "Urgences" de l'hôpital Brugmann, afin qu'on le soigne sans plus  tarder. Il m'avait dit : "Ils n'ont qu'à faire le nécessaire, ils savent ce qu'ils font". Je l'avais donc conduit aux Urgences, où il fut pris en charge immédiatement.



Comme nous étions mariés "officiellement", je pouvais rester près de lui dans la salle des soins. On lui fit toutes sortes d'examens, de tests, et il découvrirent que Mike faisait une d'infection. Mais il fallait encore découvrir de quelle nature. Il faisait un forte fièvre, 39.8° C. et il était complètement deshydraté. Suite à la diarrhée, bien sûr. On lui mit un "Baxter" et des antibiotiques. Cela avait l'air de faire de l'effet, car, selon l'infirmière, la fièvre commençait à tomber...



Le médecin prit la décision de garder Mike en chambre aux urgences en observation pour la nuit. Et pour faire des tests supplémentaires. Je décidai donc de rentrer à la maison, je ne pouvait quand-même rien faire pour mon chéri, et je ne serais que dans le chemin des médecins et infirmières.. Je dis donc au revoir à mon Mike, et je lui donna la bise sur le front. Je lui promis de revenir le lendemain matin et que s'il avait besoin que je lui apporte quelque chose, il n'aurait qu'à me téléphoner.


Je suis rentré et après avoir prévenu "Madame Chat", j'ai nourri "Sweetie Pie" et je me suis acheté un cornet de frites en guise de souper. Puis je me suis installé devant la télé pour le Journal télévisé.


Il devait être 20h 30 par là, lorsque le téléphone sonna. C'était l'hôpital. C'est à partir de ce moment que tout notre univers s'écroula, comme un "Château de Cartes". On me demanda qui j'étais par rapport à Mike. Je leur répondis que j'étais son époux. On me demanda si Mike avait de la famille en Belgique. Je répondis que non, mais que son frère était à Wissant jusqu'à jeudi après-midi. On me demanda de l'appeler, afin qu'il se mette en rapport d'urgence avec l'hôpital. Je ne savais toujours pas ce qu'il se passait. Je leur demandais donc, ce qui se passait. La nouvelle tomba :  Mike était au plus mal... Qu'il ne passerait probablement pas la nuit!... Cela me vint comme une gigantesque gifle dans la figure. Ce n'est pas possible, pas mon Mike, pas mon bel Amour. Il devait il y avoir une erreur !



Mais il n'y avait pas d'erreur, j'étais bel et bien en train de perdre à tout jamais celui qui fut toute ma vie, toute ma raison d'être.



Finalement ce fut le médecin, qui parlait l'Anglais, qui téléphona à David à Wissant, pour lui expliquer la situation.
Je téléphona immédiatement à Nadine et Thierry et je suis allé dare-dare à l'hôpital. On me fit attendre dans une salle d'attente. Ma sœur, mon beau frère et ma filleule sont arrivés ... Puis, le médecin est venu pour nous expliquer ce qui s'était passé.
L'état de Mike s'était soudainement détérioré. Il s'était remis à saigner de plus belle. Impossible d'arrêter les saignements. Les examens supplémentaires avaient révélé que mon pauvre Mike, n'avait plus de "plaquettes", ni de "Globules Blancs". Son sang ne se coagulait plus et il n'avait plus aucune défense contre les infections. Il faisait des hémorragies internes. Il avait développé une "Septicémie" catastrophique.



Une des causes en était probablement la "Chimio". Les traitements que Mike avait subi dans le passé, avaient miné toutes ses défenses. La dernière "Chimio" que Mike avait "subie", quelques jours auparavant,  avait été la "goutte" qui avait fait déborder le vase. 



Afin que Mike ne souffre pas, on l'avait plongé dans un coma "artificiel". Il n'à plus repris connaissance. Je n'ai donc même pas pu lui faire mes "adieux" dans les règles ... J'aurai tant voulu lui parler, l'embrasser le tenir dans mes bras pour le bercer une dernière fois !!!



Ma famille et moi sommes restés auprès de "mon Mike". Je lui ai tenu la main jusqu'à la fin. Je ne sais pas si Mike savait dans son inconscience que j'étais là, à ses côtés, jusqu'au bout. ...  J'ose espérer que Oui !



Mon cher Amour, mon Mike à moi, s'est éteint a 23 h 55, le 9 juin 2010,  sans avoir repris connaissance, sans avoir remis les pieds dans "notre" maison, où il avait été tellement heureux, où nous avions étés tellement heureux...  Cette maison, que mon Mike avait fermé lui-même à clef, pour la dernière fois, deux jours auparavant !



Je ne pense pas, du moins je l'espère, que Mike ait trop souffert.  Et je remercie notre Seigneur Dieu, que Mike n'est pas mort tout seul !  Que moi, celui que mon bel Amour avait tant aimé,  que moi, celui qui l'avait tant aimé durant notre vie en couple, j'étais là à la place qui me revenait, à ses côtés en lui tenant la main gauche, avec  'ma'  main gauche :
 
 
Les mains du cœur !!!
 
 
Ma vie avec Mike, avait brusquement pris fin !
 
Sans crier "Gare" !
 
Comme balayée  d'un gigantesque coup de balai...
 
 
 
Après 44 années de bonheur parfait,
 
presque jour pour jour,
 
je me retrouvais à nouveau, tout seul. 
 
Le Cercle s'était fermé




samedi 1 octobre 2016

9/ Huitième Chapitre - Ma vie d'adulte - La deuxième décennie






                 
                                 

Huitième Chapitre
MA VIE D'ADULTE - 
LA DEUXIÈME DECENNIE
 
 
 
Nous voici donc, après 10 années de vie ensemble, devenus les propriétaires d'un grande maison, dans laquelle tout était a refaire. Nous avions commencé par donner le "renon" aux locataires du Rez-de-Chaussée. Nous comptions occuper cet appartement nous mêmes, ainsi que le premier étage. Nous leur  avons donné le préavis légal de 6 mois. Quand aux locataires du premier étage, les époux Vanmoer, qui étaient retraités, nous les avions rassurés. Ils pouvaient rester, mais ils devraient monter au second étage, après qu'on y aurait effectués des travaux. Ils étaient contents, car ils avaient eu peur, qu'eux aussi allaient devoir quitter les lieux, surtout parce que madame Vanmoer avait une santé précaire. Mike et moi, nous n'avions pas le cœur de leur imposer cela. On n'agit pas comme ça envers de personnes âgées.
 

Nous avions donc commencé les travaux au deuxième étage. La maison avait été construite en 1927 et était mal entretenue par les anciens propriétaires. Il a fallu replafonner, remplacer les châssis de fenêtres, refaire la plomberie et l'installation électrique, qui était dans un état de vétusté avancée. Bref, c'était un travail de négrier. Mais nous étions pleins de courage. Le fait de pouvoir enfin réaliser notre "Rêve" nous donna des ailes. (Du moins au début)



Nous avions commencé par refaire toute l'installation électrique. Nous étions partis à "zéro", au départ du tableau général dans la cave. Nous avions creusé les saignées dans les murs pour y placer les tubes, par où devaient passer les fils. Placer des nouveaux interrupteurs, des prises de courant avec mise à terre, etc. ... Ce ne fut pas trop compliqué, j'avais quelques connaissances élémentaires en électricité.
Ensuite, le plombier/chauffagiste s'était mis à l'oeuvre. Des nouvelles tuyauteries, pour remplacer les vieux tuyaux en plomb ! Installer des salles de bains avec WC, à chaque étage. Installer le chauffage central. Puis il à fallu refaire le plafonnage des murs. Heureusement, nous avions eu beaucoup d'aide des amis.
En plus de cela, il y avait nos emplois et tout cela avait vite fait de nous fatiguer. Nous n'avions pas pensé à cela. Maman et papa nous avaient demandé, pourquoi, diable, nous avions pensé à acheter une "baraque" pareille. plutôt qu'une belle petite maison unifamiliale. Ils n'avaient pas tout à fait tort, bien sûr. Mais nous avions un projet pour l'avenir et qui nécessitait une "grosse" maison. J'y reviendrai plus tard.
Finalement le deuxième étage fut prêt et il était temps de déménager Mr. Vanmoer. Le pauvre homme avait perdu son épouse entre-temps. Nous et les amis l'avons aidé à monter ses meubles et autres possessions.   On arrangea l'appartement à son goût et il s'y installa. Mr. Vanmoer était aux anges. Il n'avait jamais eu de salle de bains, ni de chauffage central. Ni même une cuisine équipée. Il nous en à remercié tant de fois: Il était aux larmes.


Entre-temps, les locataires du Rez de Chaussée avaient quitté les lieux. Nous allions pouvoir commencer à transformer ce qui allait devenir notre "chez nous" ... Nous avions décidé qu'au "Rez", il y aurait la cuisine, le living, la petite "salle à manger" et la buanderie. Au premier étage il y aurait deux chambres à coucher, chacune avec une salle d'eau privée, et un bureau.


On s'était donc remis au travail. Ici aussi il fallut tout refaire, à l'instar de ce que nous avions fait aux deuxième étage. Electricité, plomberie, chauffage, des châssis avec double vitrage, etc.
Les travaux avaient étés menés rondement , et après un mois nous pouvions commencer à peindre et à tapisser. Avec l'aide des amis les travaux avançaient rapidement. Honnêtement, je ne vois toujours pas comment on aurait fait sans eux.


Finalement tout était fin prêt. Nous étions arrivés aux bout de nos peines, ou presque. Il y avait le déménagement qui nous attendait. Nous avions loué une camionnette et avec l'aide de Thierry, mon beau-frère, nous avions déménagé. Nos animaux, Vanya et Peggy, voyaient tout cela d'un mauvais œil, et ils ne nous quittaient pas d'un "coussinet" ... Je pense qu'elles avaient peur qu'on les abandonne !
Allez savoir, ce qui se passe dans leur petite tête !


Après avoir installé les meubles, du moins notre lit, le reste se ferait petit à petit, au fil des jours. Nous sommes retournés à la Rue Delhove, afin de faire nos adieux a Mme. Vande Perre, notre proprio, et de jeter un dernier coup d'œil sur l'appartement où nous avions été tellement heureux tous les deux.
Ensuite, nous nous sommes installés dans notre nouveau "palais" ... Il restait encore pas mal de choses à faire, mais l'essentiel était fait et nous allions pouvoir souffler un peu. C'était nécessaire, la fatigue commençait à se faire sentir, et, oui, à faire des dégâts.
 


(Photo  a gauche: En excursion à Wéris - Il avait quand-même de l'allure mon Mike, pas vrai ?)
 
Notre couple avait beaucoup souffert par cette fatigue excessive; peu après que nous avions emménagé, je commençais à déprimer sérieusement. J'avais recommencé à rechercher des aventures faciles à gauche et à droite. Non pas, parce que je n'aimais plus mon Mike, bien au contraire, Dieu sait combien je l'aimais, mais comme Mike était fort fatigué, autant que moi, si pas plus, il n'avait plus autant envie comme de par le passé ... (si vous voyez ce que je veux dire). Or moi, j'ai toujours été très actif, sexuellement parlant. Donc, j'étais en quelque sorte en état de manque ... plus la déprime ... ce n'était vraiment pas une bonne combinaison !


Quelques semaines après notre déménagement et l'installation dans notre maison, je dus aller à Londres pour la PanAm pour cinq jours. Là, un soir j'étais sorti pour me promener et je fis la rencontre d'un homme, qui m'avait "dragué". Ce qui devait arriver, malheureusement, arriva. J'avais couché avec lui. Quelques semaines plus tard, j'inventais à Mike, que je devais retourner à Londres pour quelques jours ... Je partis donc retrouver l'homme en question. ... Là-bas, je fus pris soudainement d'un vif remords et je suis rentré à Bruxelles par le premier avion. Mike était très surpris de me voir rentrer, puisqu'il ne m'attendais pas, car j'étais censé d'être absent pour quelques jours. Quand je suis entré, Mike était dans la cuisine, en train de faire la vaisselle. Bien entendu il me demanda pourquoi j'étais déjà de retour. Je n'ai rien pu lui dire, mais j'avais éclaté en sanglots! (J'avais tellement honte d'avoir trahi et menti à mon cher Amour). Mon Mike chéri en était tout bouleversé; Il me prit dans ses bras en me serrant très, très fort et il me couvrait le visage de ses baisers. Il m'avait dit:

"Chut, ne me dis rien, ne me raconte rien. Je ne veux rien savoir !" .

..
Je suis persuadé, encore maintenant, que Mike avait compris ce qu'il était arrivé à Londres. Il avait eu l'intelligence de ne pas me questionner, ni de m'en tenir rigueur. La seule chose qu'il m'avait dit, était : "Ne parlons jamais de cet épisode, ni entre nous ni à personne". (Nous avons jamais plus fait allusion à ces moments pénibles, jusqu’à ce jour).
 
 
 
Mike était vraiment quelqu'un

d'exceptionnel !
 
 
Il m'avait embrassé longuement à plusieurs reprises, et lorsque je m'étais quelque peu calmé, il me prit par les mains et nous sommes montés dans notre chambre...
Là, nous nous sommes "abandonnés" à l'un l'autre. Mike m'a fait l'amour passionnément ... Il était clair qu'il avait compris et qu'il avait pardonné mon faux pas. Je ne comprends toujours pas comment j'ai pu faire une chose pareille, et avoir pris le risque de tout détruire entre nous. Par la suite mon Mike m'avait dit, qu'il avait compris que j'avais fait une dépression, et qu'à partir de maintenant nous allions prendre du "bon temps" ensemble, et penser un peu plus à nous-mêmes.

Il était évident, qu'encore une fois, l'amour avait triomphé

Après cet incident de parcours, pour le moins, malencontreux, tout reprit sa place dans notre couple, petit à petit tout redevint comme auparavant. Nos ébats amoureux reprirent une fréquence normale. Nous étions pleins d'attention pour l'un l'autre. Je n'ai jamais plus trompé Mike depuis. Et lui, ça j'en suis certain, ne m'a jamais trompé, avec qui que ce soit, depuis que nous vivions ensemble ...
Je me souviendrai toujours d'une petite phrase qu'il m'avait un jour dit dans l'oreille, tout au début de notre histoire :


"There must be nobody else, just the two of us ..."
(Il faut qu'il n'y ait personne d'autre, juste nous deux ...)


A vrai dire, même durant cet écart "accidentel", il n'y avait que nous deux, car pour moi, en définitive, il n'avait que lui, mon bel Amour que j'adorais comme personne d'autre.

Et il n'y aura personne d'autre, aussi longtemps que je vivrai !

 
 
 
 
 
 Peu après cet incident pénible, nous avions acheté une nouvelle voiture, l'Opel devenait vraiment trop vieille. Nous avions opté pour une "Simca 1100 S" ... Couleur "Bronze foncé" ... Elle était belle et elle roulait bien, bref une voiture agréable à conduire et confortable.
Nous avions décidé d'aller en Autriche cette année là, dans le "Salzburgerland". Je pense que nous avions bien mérité de nous payer ce voyage. Vanya, notre chienne, était aussi de la partie. Elle adorait aller en voiture, elle était toujours la première à s'installer sur la banquette arrière.
Nous voilà donc partis. Nous avion passé la nuit dans un petit hôtel à Füssen, à la frontière Germano-Autrichienne. Il eût un incident au poste frontière :  Le certificat de vaccination du chien (contre la rage) n'était pas (encore) valable. Il fallait que 7 jours se soient passés entre la date de la vaccination et sa validité. Il n'y avait que 5 jours, aussi, nous avions été refoulés.
Que faire, nous étions attendus a Zinkenbach, sur la Wolfgangsee, le soir même. Nous décidâmes d'essayer de passer la frontière ailleurs, du côte de Garmisch-Partenkirchen. Comme il s'agissait d'une petite route, on pensait que cela serait plus aisé. Il faut dire que Vanya était très intelligente et surtout obéissante. On l'avait fait se coucher entre les sièges et la banquette arrière. Puis on avait étalé une couverture et un bâche pardessus d'elle, puis un sac de voyage ou deux. On ne voyait pus Vanya. On lui avait dit d'être sage et de rester tranquille, de ne pas bouger.

On s'était approché du poste frontière. Le douanier nous avait demandé nos papiers et si nous avions quelque chose à déclarer.  Bien entendu nous avons pris notre air d'innocents et nous avions répondu : "Nein, Gar nichts" ... (non, rien du tout). Le douanier avait le tour de la voiture, tout en inspectant l'intérieur de par les vitres. Nos cœurs battaient la chamade, mais Vanya se tenait tranquille et ne bougea pas d'un poil. Le douanier nous fit alors signe que nous pouvions continuer notre route, en disant: "Güte Reise" ...
Ouf, nous étions passés. Nous avions poussé un gros soupir de soulagement ...  
 

(photo à gauche: Mike et Vanya prenant le soleil au bord de la "Zinkenbach")
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous étions finalement arrivés fort tard à Zinkenbach, à cause du détour forcé. Le "Gasthof Zinkenbachmühle" avait l'air d'être fermé, tout était désert. On sonna à la porte et une dame vint nous ouvrir. Vu l'heure tardive, on ne nous attendait plus. Comme nous avions faim, elle nous avait quand-même préparé des "Eier mit Speck und Brot" (des oeufs au lard et du pain), on s'était régalés ... les choses simples sont souvent les meilleurs pas vrai? Les exploitants du "Gasthof" étaient très charmants. Le Monsieur exploitait la scierie, et son épouse le "Gasthof", d'ou le nom "Zinkenbachmühle" (le moulin sur la Zinkenbach)


Ce furent d'excellentes vacances. Nous avions visité des endroits superbes, notamment Salzburg, qui n'était qu'à quelque 15 kilomêtres de là. La "Mozart Geburtshaus", le "Schloss Höhensalzburg". Et bien sûr St. Wolfgang avec son célèbre "Auberge du Cheval blanc".  La mine de sel, et le "Berghof" de Hitler à Berchtesgaden était aussi au programme. Les chateaux de Louis II de Bavière nous avaient fascinés: Neuschwanstein et Herrenchiemsee, entre autres.


Malheureusement, quelque jours après notre arrivée à Zinkenbach, Vanya était tombée malade. Elle avait bu de l'eau de la rivière qui descendait de la montagne et qui était glacée ... Le vétérinaire du coin avait prescrit une diète de Riz et de viande de veau bouilli, et nous devions lui donner du "Kamillentee" (Camomille), ce qu'elle n'aimait pas du tout. Par contre le veau et le riz, elle n'était pas contre ! La tenancière du "Gasthof" avait accepté bien volontiers de préparer les repas de Vanya. Elle avait un petit faible pour elle, elle voulut même nous la racheter ... Pas question bien sûr !


Le retour s'est fait en une seule étape. Vanya avait dormi durant tout le voyage, pour se réveiller qu'à quelques centaines de mètres de chez nous. Comme nous étions très fatigués, nous nous sommes couchées après avoir bu une "nice cup of tea" ...


Notre maison était devenue confortable, c'était notre chez nous. Et pourtant, pour une raison inconnue, nous n'y étions pas totalement à l'aise. Il y avait comme, comment dire, une atmosphère tendue, indescriptible, mais bien  réelle. Nous ne parvenions par à la définir. Un jour nous en avions parlé avec notre voisine immédiate, de la maison d'à côté. Elle nous apprit entre autres choses, que la famille qui habitait notre rez de chaussée, avant nous, se disputait constamment. Violemment paraît-il. La voisine nous expliqua que fréquemment la vaisselle volait en éclats et que les enfants recevaient des coups. Serait-ce là, la cause de ces tensions, de cette sensation de malaise, chez nous ?


On avait entendu parler de la "mémoire des murs", serait-ce cela ?  Allez savoir.
  
 
Photos ci-dessous :
A gauche : Nous avions visité une mine de sel à Hallein près de Salzburg  ...
A droite :  Lors d'une promenade aux alentours de Chilham (Kent)
 
 

 
 
Un jour nous avions invité à dîner des amis E... et H..., un Prêtre et son ami. Pendant et après le repas nous avons bien sûr parlé de tas de choses et notamment de la "mémoire des murs" et du malaise que nous ressentions. E... nous avait confirmé que cela était possible et il avait alors offert de bénir notre maison. Nous n'étions pas superstitieux, mais nous avions quand-même accepté, cela ne pouvait certainement pas faire de tort ! Mike était croyant, pas pratiquant, où si peu, mais tout comme moi, il croyait en Dieu. Dieu, qu'il appelait : "Celui d'en haut" ! (The one "upstairs") ... Notre ami prêtre avait récité quelques prières et prononça la bénédiction dans plusieurs endroits de la maison. Nous étions surs, Mike et moi, que cela à du faire de l'effet. Nous avions eu par la suite la nette impression que les "tensions" allaient tout doucement en diminuant. Le malaise que nous ressentions c'était dissipée. L'atmosphère était devenu plus sereine. Nous étions persuadés que nos "ondes" commençaient peu à peu par remplacer ces "mauvaises vibrations" dans la mémoire des murs. C'était nos "vibrations" qui dominaient maintenant.  Encore aujourd'hui, 37 ans plus tard, alors que mon Chéri n'est plus là, je ressens toujours cette sensation de paix et cette sérénité dans ma (notre) maison.
Toujours est-il que par la suite, chaque fois que quelqu'un entrait chez nous, on nous complimentait pour le "climat" de sérénité qui régnait chez nous. Un jour, de nombreuses années plus tard, un visiteur nous avait dit:


"On sent que l'Amour règne chez en maître ici. Je perçois une atmosphère empreinte de Paix, d'Amour et de Bonheur"


Je crois que c'était là, le plus beau compliment qu'on avait pu nous faire à nous deux !!!
Ce visiteur, un Canadien, avait dit la vérité: Mike et moi, nous nous aimions toujours comme au premier jour. En fait, notre Amour n'aura fait que grandir au fur et à mesure que les années passaient. On était devenu qu'un seul être, à tous points de vue. Vraiment, nous vivions l'un pour l'autre. Nous en étions arrivés au point où nous pensions tous les deux la même chose, en même temps ! Tel fut notre "ajustement".



Nous voici arrivés dans les années 80. Mike avait décidé qu'il voulait travailler pour son propre compte. Il avait projeté de commencer une librairie "par correspondance". Il fit les démarches nécessaires : Obtenir un Numéro de Registre de Commerce, un Numéro de TVA ainsi qu'un ligne de Crédit auprès de la Banque. Notre maison servirait de "garantie". Tout cela fut obtenu sans difficultés. Après toutes ces formalités, l'affaire de Mike démarra, tout doucement .. Mike avait fait de la publicité auprès des Sociétés qui possédaient une "bibliothèque" et tout doucement les commandes commençaient à arriver. Mike s'était spécialisé dans le livre scientifique. Un des  clients de "New Horizons" (c'était le nom de l'entreprise de Mike) était la "Commission Européenne".  Rapidement c'était devenu le plus "gros" client, mais malheureusement la "CE" était aussi le plus mauvais "payeur". Mike devait attendre des mois et des mois avant que les factures étaient payées. Et encore, au "compte goutte" ... Quand Mike envoyait un rappel ou une réclamation, on lui répondait "vertement":  "Soyez heureux de vous compter parmi vos clients" ... Quel culot !!! Bien entendu pas question de réclamer des intérêts de retard. Elles volaient à la "poubelle, en classement vertical ! Mieux, en guise de représailles, les paiements prirent des retards supplémentaires. Rien d'étonnant, que Mike et moi, nous étions tout doucement, en train de devenir "Eurosceptiques"... Tous les bénéfices que Mike aurait pu faire, à la condition que les factures soient payées en temps voulu, étaient anéanties. Mike devait payer la banque pour les intérêts sur la ligne de crédit. Et, ceux-là, devaient être payées à temps, eux! C'était à en avoir des nausées.
 
 

 
 (Photo à droite: Mike dans les années 1980)
 
Physiquement, mon chéri avait beaucoup changé. A mes yeux il était devenu de plus en plus beau. Il avait en quelque sorte "mûri" ... Il avait cette beauté que je qualifierai de "classique" ... Toujours ce beau visage d'une grande douceur et ses yeux "gris-bleu" au regard profond. Sans oublier son sourire désarmant ...

 
En tous cas, j'étais fier de me montrer avec lui !
 

 


En outre, il avait cette grande capacité de se faire apprécier de tous. Il était d'une grande amabilité, il était très serviable et toujours de bonne humeur. Son sourire extraordinaire, aurait désarmé le "cynique" le plus endurci. Mais, ses plus grandes qualités, à mon avis, étaient sa simplicité et sa très grande humilité.
 
 

Bref, mon Mike avait tout pour plaire.

 
 
 
Une chose est certaine:

J'avais eu énormément de chance d'être tombé

 sur lui, là-bas, à Londres, en ce jour béni de   
juin 1966 ! ...

 
La chance d'avoir rencontré cet être

merveilleux, exceptionnel,

qu'était Mike !
 
 
 





 
 
En 1982, nos vacances eurent comme destination, l'Ile de Jersey. Nous sommes descendus en voiture, via Saint Malo. Nous y avions passé la nuit dans un chouette petit hôtel, juste derrière les remparts. Nous n'avions pas pu fermer l'œil à cause du bruit infernal que faisaient les .... mouettes rieuses. Ces volatiles s'étaient rassemblés pour la nuit sur le toit de l'hôtel et des maisons environnantes. Ils n'ont pas arrêté de "rire" de la nuit. Pour finir ce n'était plus "amusant" du tout ! Le lendemain nous nous embarquions sur le "Ferry" et nous sommes arrivé à St. Hélier vers midi. Le temps de trouver notre hôtel à Grouville, entre St. HéJersey - Mike Close up 2(2).JPGlier et Gorey, avec son Château de Mont-Orgueil. Nous avons visité l'ile de fond en comble. Le temps était superbe. Une mer "d'Azur", une végétation "luxuriante" et des gens charmants. Et le climat quasi "Méditerranéen" grace au "Gulfstream". Avec un, peu de bonne volonté, on pouvait se croire a la "Côte d'Azur". La vie y était fort chère. C'est une île pour "riches". Mais nous y avions passés de superbes vacances, et on s'était promis d'y retourner et de visiter aussi "Guernsey" ... Mais les circonstances ont fait que nous n'y sommes jamais retournés.




1983, fut une année exécrable. D'abord, Vanya, notre chienne, est morte d'un cancer sur l'épine dorsale. La pauvre bête faisait peine a voir, tant elle souffrait. Mike avait alors pris la seule solution qui s'imposait :  celle d'abréger la souffrance de l'animal. Nous avions emmené Vanya chez le Vétérinaire, qui fit le nécessaire. C'était la seule chose "humaine" a faire. Mon pauvre Mike en à eu énormément de chagrin. Il adorait son chien ! Il n'en à jamais plus repris, il ne voulait plus revivre cela.


Mike in Devon - Goodrington 1992.jpg
Puis durant l'été, le 14 juillet, papa est décédé dans son sommeil, alors que lui, maman et Nadine, étaient en vacances en Espagne, à "La Escala". Nadine avait annoncé la triste nouvelle a son mari, qui à son tour me l'annonça. Mon beau-frère et moi sommes partis rejoindre maman et Nadine. T... est parti en avion, moi en train. Comme c'était la période des vacances, pas question de voyager sur Ibéria avec un billet gratuit. Au début des vacances, T... avait conduit la famille en voiture, et était revenu à Bruxelles en avion. Il avait laissé sa voiture en Espagne. Nous avions donc été rechercher maman et Nadine et on est revenu avec la voiture de T....  La dépouille de papa suivit quelque jours plus tard en avion.
Inutile de préciser que maman était dévastée....


Côté travail, cela n'allait pas beaucoup mieux. La "gloire" de la PanAm s'était estompée. D'année en année les affaires périclitèrent. A Bruxelles, lorsque j'avais commencé à travailler pour eux en 1968, il y avait 140 membres du personnel, en 1985, on n'était plus qu'une bonne vingtaine. Comme par miracle, j'avais toujours échappé aux coups de balai et je me trouvai toujours parmi les rescapés. Entre temps j'avais été promu chef de service de la Réservation et de la Billetterie, tant au bureau du centre ville, qu'a l'aéroport.



Malgré les déboires de la PanAm, je gagnais toujours bien ma vie, et les heures supplémentaires, fréquentes, arrondissaient bien les fin de mois.  Malgré les affaires, pas très brillantes de Mike, on pouvait quand-même vivre décemment. Mike n'était pas un homme à se laisser abattre aisément, il ne se faisait pas trop de "mauvais sang". Un autre projet qu'il avait eu lorsque nous avions acheté la maison, mûrissait dans sa tête. Un projet qui se réaliserait que beaucoup plus tard. Mais pour l'instant c'était "New Horizons" et "Nous", qui occupaient nos esprits.




Bien entendu, nous ne manquions jamais d'aller faire un tour en Angleterre, pour faire une visite à Peggy, qui habitait toujours son bungalow à Chilham, qu'elle entretenait méticuleusement. Son jardin était toujours impeccable. Je ne sais pas comment elle faisait, elle avait quand même 15 années de plus que Mike et 8 de plus que moi. Elle nous faisait toujours bon accueil. Je faisais partie de la famille.



Nous avions pris l'habitude de faire des excursion en voiture. Un des endroits favoris de mon Mike, c'était "Keukenhof". En fait tout ce qui avait traît au jardins, aux plantes et aux fleurs, étaient dans les cordes de Mike. Il ne s'en est jamais lassé. On ne comptait plus les jardins que nous avions visités ... tellement ils étaient nombreux. Quelques années plus tard, il avait même fondé un club de jardinage : "The Gardeners Club of Brussels" (Ce club existe toujours)






Les années continuèrent à passer, tout doucement.  La "PanAm" survécut tant bien que mal. Mais il était clair que la période faste des voyages aériens était révolu. La plupart des "Gros" transporteurs périclitaient. La "TWA", la "SABENA" et autres "British Airways" étaient en difficultés. Il y avait de moins en moins de passagers, ils s'étaient tournés vers les compagnies "Charter" et "Low cost" ...


 
(Photos ci-dessous : A gauche, Mike à Keukenhof ...
                                         A droite, sur l'île de Jersey, c'est la sacro-sainte "Tea time")
 



 
 
 
 





En 1988, j'avais fêté mes 20 années avec la "PanAm", et a cette occasion je reçus entre autres choses, des billets gratuits pour deux, en "First Class". Je pouvais me faire accompagner exceptionnellement par n'importe quelle personne de mon choix. Bien entendu mon choix ne fut pas difficile a faire:  c'était mon chéri, mon Mike, cela allait de soi !




Mike avait toujours rêvé de visiter la Californie. Il n'aimait pas particulièrement les USA et les Américains, mais la Californie faisait l'exception. Nous nous embarquâmes donc pour Los Angeles.   L.A. avait été choisi, parce que nous avions un ami Belge, José-Louis T...., qui s'était établi a West-Hollywood.



Nous sommes partis en juin (tiens, de nouveau ce mois). Le voyage en "Première" fût des plus confortables. L'équipage nous avait soigné aux petits "oignons". Ils étaient attentifs a tout. Ce fût parfaît ! Après 13 heures nous avions enfin atterri a L.A.. Après avoir fait la file devant les guichets de l'immigration  nous avion récupéré nos bagages. Ils étaient tous là !!! Nous avions loué une voiture chez "Alamo", une "Compact" Japonaise., très confortable avec "Airco" et tout. C'était une "automatique" donc il a fallu qu'on s'y habitue.  Nous sommes descendu dans un "Motel" près de Hollywood. Le lendemain nous avions rendez-vous avec José-Louis. Il habitait avec son ami dans un appartement a West-Hollywood. Il nous avait fait visiter Hollywood, les "Studios", le "Queen Mary" et le "Spruce Goose" ... Bien sûr on est passé devant les villas des "Stars", comme il se doit, n'est ce pas. Mike, il faut bien le dire, n'était pas très impressionné par cet étalage de luxe et de décadence.


Le lendemain nous somme partis par la Route "California 1", qui longe la côte Pacifique, jusqu'à San Francisco. L'Océan d'un côté, les Montagnes de l'autre. Les vues étaient spectaculaires. Nous avions fait un arrêt a Morro Bay, ou nous avions consommé notre premier café digne de ce nom, depuis notre arrivée aux USA. C'était dans un "Cafeteria Italiano". Dieu, que c'était bon. C'était autre chose que cet espèce de jus insipide qu'on nous avait servi au petit déjeuner. A part le café, les petits déjeuners étaient excellents, pas sans rappeler ceux qu'on avait connus en Grande Bretagne. Œufs, saucisses, bacon, champignons et tomates grillées. Le tout accompagné de "Potato Hash" et de "toast". Le breuvage qu'ils appelaient "café" était a volonté. Nous avions compris le pourquoi.



 <<A côté des Séquoias géants, Mike est Minuscule



























Nous avions continué notre route vers San Francisco le lendemain et nous avions fait étape a Monterrey. Il y avait un "Diner" pas très loin de notre "Motel", le "Good Golly, Miss Molly". Il était déjà 20:30 h., mais il y avait encore possibilité de manger quelque chose. La patronne nous suggéra la "Dish of the Day" (plat du jour). Cela consistait de : Dinde Rôtie et sa garniture. On prit cela, et quand on nous apporta nos assiettes, je fis la remarque a Mike: "Just like Christmas in England" (comme la Noël en Angleterre). La patronne avait dû entendre ma remarque, car elle nous lança en riant: "It's Christmas every day here, Darling" (C'est tous les jours Noël, ici mon chéri) Nous avions fait bonne chère, la Dinde était juteuse à souhait, des pommes de terre rôties, des carottes, des panais et des choux de Bruxelles. Le tout arrosé de "gravy" (sauce brune). Une bouteille de vin Californien complétait le "tableau".  C'était parfait.

Les gens présents avaientHolidays in Devon - Sharpitor 1992.jpg tout de suite compris que nous étions des Européens, ils s'approchèrent et les conversations commençaient assez rapidement. On nous demandait d'où nous venions, ce que nous faisions comme travail, etc. Nous avions aussi vite appris que la plupart travaillaient dans la "Silicon Valley" toute proche, dans l'industrie informatique. La soirée passa très vite et il fallut qu'on aille dormir. Nous sommes rentrés dans notre "Motel" et nous nous sommes endormis comme de coutume, dans les bras de l'un l'autre.



Après un nuit confortable, nous nous sommes remis en route assez tôt, pour entamer la dernière étape vers SFO. Nous sommes arrivés vers Midi. Nous nous sommes installés dans notre hôtel, non loin de "Fishermans Wharf". SFO est vraiment une ville extraordinaire. La plus "Européenne" des USA paraît-il. Des gratte-ciel, beaucoup d'églises et des maisons en bois, datant de la fin du 19e, début du 20e Siècle.




Mike avait ouvert quelques années auparavant un compte auprès de la "Bank of America" pour "New Horizons", afin d'éviter les taux de change, lorsqu'il devait payer les factures de fournisseurs USA. Il avait décidé qu'on irait dire un petit bonjour a la personne qui s'occupait de son compte. C'était une personne "Noire", très élégante. Elle nous offrit le café. Elle était toute heureuse, que quelqu'un d'Europe, s'était donné la peine de venir la visiter. On avait parlé de chose et d'autres, en fait on avait passé une heure agréable en sa compagnie.
 
 
 
Ce qui nous avait beaucoup frappé, c'était le quartier "Castro", le quartier "Gay" de SFO. Tout avait l'air d'être permis là-bas. Les hommes marchaient ouvertement, bras dessus, bras dessous, se tenaient par la main. Nous aussi on s'était tenu par la main, sans éprouver la moindre gêne. (Nous aurions jamais fait cela à Bruxelles) Les hommes ne se gênaient pas de s'embrasser ouvertement sur la bouche. On a vu des hommes se balader en "Chaps", ces espèces de pantalons "cowboy" en cuir, ou on a les fesses a nu. Je dois dire que nous n'aimions pas beaucoup cela, surtout mon Mike, lui qui aimait tant la discrétion en toutes choses. Je ne lui ai jamais posé la question de ce qu'il en pensait, mais ce n'était pas nécessaire. On connaissait sa réponse rien qu'en regardant son visage.



Nous avions visité le "Yosemite Park" et le "Séquoia Park". Mais malheureusement nous n'avons pas de photos. Mike, en avait pris des photos; au moyen d'une caméra jetable. C'est a peu près cela qui s'était passé. Par accident l'appareil est parti aux poubelles avec les autres ordures. Quand on s'en était rendu compte il était déjà trop tard. Les poubelles avaient déjà été vidées. Ce sont des choses qui arrivent.
Les journées sont passées très vite et il à fallu revenir sur Bruxelles. Le travail nous attendait, Mike avec "New Horizons", moi avec la "PanAm". La "PanAm" qui allait au plus mal, et "New Horizons" qui n'allait pas beaucoup mieux.




L'informatique commençait a faire son apparition dans les entreprises. Ce qui sonna la "Glas" pour les "Ventes et Achats" par les voies traditionnels. Mike à bien essayé de "s'informatiser", mais ce n'était pas vraiment son "Truc".






Le glas allait sonner aussi pour la "PanAm", surtout après l'attentat sur un de leurs avions, un Boeing 747, qui explosa en plein vol au dessus de la petite ville Ecossaise de Lockerbie. Le Vol PA103 de Francfort/Londres/New York. C'était en décembre 1988.



A cause de cela, le peu de passagers qui restaient encore, se sont détournés de la "Pan Am" et nos avions volaient presque vides. Surtout les passagers Americains, trouvaient qu'il était plus sûr de voyager par une compagnie Européenne. Trois années plus tard, en 1991, la "PanAm" cessa d'exister. La compagnie fut reprise par la "Delta Air Lines", avec "armes et Bagages". Y compris le personnel.

C'était la fin de toute une époque !!!